Gloire et honneur Castor

15 Mars 2023 — catégorie : Mémoire
Gloire et honneur Castor
Gloire et honneur Castor

Plusieurs auteurs d’articles de blogs, de magasines ou d’éditoriaux en ligne proposent une kyrielle de papiers retraçant le vie des révolutionnaires camerounais. Ceux-là qui sont battus au péril de leurs vies pour que le Camerounais connaissent le soupçon de liberté dont il jouit aujourd’hui.

Dans ces papiers, très intéressants d’ailleurs, vous pourrez lire leurs biographies, de la naissance jusqu’au décès en passant par les parcours académiques, professionnels et associatifs. Ils regorgent certainement de toutes les informations possibles pouvant vous renseigner sur la vie de nos héros nationaux.

Cependant, celui-ci que vous parcourez aujourd’hui n’est pas un texte informatif. C’est une ode ; une poésie en la mémoire d’un valeureux camerounais qui cassa sa pipe, brutalement assassiné le 15 mars 1966 par l’armée néocoloniale. Cet homme de valeur, socle de l’histoire de notre pays à un nom, Voici le récit de son nom.

Son nom est africain, il transpire son essence, Kamerun. Il dit Ngoksa, Région du Centre, Departement de la Lekié.

Son nom fait rêver. Il étudie au Lycée Général Leclerc de Yaoundé ainsi qu’à la faculté de Droit et Sciences Économiques de Toulouse.

Son nom m’inspire la vie, son nom vit à travers son œuvre. Militant nationaliste camerounais de style, je n’en doute pas, mais aussi d’idéaux et d’aspirations tournés vers la libération complète du peuple africain.

Son nom me parle, il me fait rêver. Leader et rassembleur de consciences, il porte haut l’Union des Populations du Cameroun et revendique fort l’Indépendance de son pays.

Son nom est un livre, il me raconte sa noble vie. « Comment dénouer la crise Kamerounaise » , il est en France, il le publie, cet écrit en provenance du maquis que Ruben Um le Grand lui-même lui a soumis.

Son nom me rappelle son parcours aux cotés de Felix Moumié. Ils se sont retrouvés en Égypte, Moumié président de l’UPC et Lui représentant permanent du parti.

Son nom voyage, il transporte le message de libération. Après Yaoundé, Toulouse, New York puis l’Égypte, il s’envole avec son combat dans les tripes vers Léopoldville au Congo. Il  poursuit sa tournée à Conakry puis à Accra et Brazzaville.

Son nom est un symbole de résilience et d’abnégation. Il part du Congo-Brazzaville pour le Cameroun sa terre natale. Il veut rejoindre le maquis de la Boumba Ngoko au Sud-est du pays car il est grand temps pour lui de mener ce combat de front.

Son nom nous rappelle 1930, ses premières inspirations et 1966 ses derniers soupirs. Un tragique assassinat, une immense perte de plus, de trop, une exaspération profonde, un désir de faire briller sa mémoire.

 Un 15 mars comme celui que nous vivons aujourd’hui, nous oblige à nous remémorer ce grand esprit, cet illuminé, cet exemple de courage et d’intelligence, ce héros parti trop tôt.

La reconnaissance de nos défenseurs d’antan est notre devoir, leur honneur est une obligation pour nous les générations restées très peu combatives, leur histoire est notre vie. Nous avons commencé par eux et grâce à eux. Valorisons leur combat à la hauteur de sa préciosité.

Et pour revenir à ce nom, ce nom dont la prestance n’a d’égal que le courage, il doit être dit tout haut pour qu’on l’entende au-delà des mers et des continents.

Ton nom, CASTOR OSENDE AFANA, premier Docteur en économie de l’Afrique Sub-saharienne, Nous rend fiers.