UM forever

UM FOREVER
Ruben UM NYOBE, un nom qui résonne tel un cri de liberté, un appel à la dignité, et une promesse de justice. Le 13 septembre, il y a de cela 66 ans, la forêt camerounaise a été le théâtre d'un crime odieux : l’assassinat par les forces impérialistes françaises de l’un des plus grands défenseurs de la cause africaine. Ce géant au cœur noble, déterminé et inflexible, est tombé sous les balles. Mais son rêve d’un Cameroun libre continue de vivre dans le cœur de chaque Camerounais épris de justice et de véritable indépendance.
Mpodol n'était pas qu'un simple homme politique. Il était la voix d'un peuple opprimé, l’écho de millions d’âmes en quête de liberté. Il portait en lui les aspirations d’une nation enchaînée, soumise par des décennies de colonisation, privée de sa terre, de sa culture et de son autonomie. Refusant de se soumettre aux injustices de l’ordre colonial, il a choisi de défendre son peuple, armé uniquement de ses convictions et de son amour profond pour sa patrie.
Lucide face aux défis qui l’attendaient, UM NYOBÈ savait que la route vers la liberté serait longue et périlleuse. L’ennemi colonial, implacable et déterminé à étouffer toute résistance, ne faisait pas de quartier. Mais rien n’a ébranlé sa détermination. À travers ses discours et ses actions, il a montré qu'il était prêt à tout sacrifier pour que son peuple retrouve sa dignité. Il rêvait d'un Cameroun uni, transcendant les divisions ethniques et sociales, où chaque citoyen aurait le droit de forger son propre destin et où la justice régnerait sans partage. Alors armé seulement de sa parole et de son amour pour son pays, il démantelait la barbarie de l’ordre coloniale.
Le 13 septembre 1958, le pouvoir colonial a cru qu’en éliminant physiquement Ruben UM NYOBÈ, ils mettraient fin à ses idéaux. Ils se sont lourdement trompés. Son corps abattu n’a fait que raviver la flamme de la révolte dans le cœur des Camerounais. Son sacrifice a pavé la voie pour ceux qui, après lui, ont poursuivi la lutte pour une véritable indépendance, une justice sociale et la liberté. Aujourd'hui encore, son nom demeure un symbole de résistance contre toutes les formes de domination, qu’elles soient politiques, économiques ou culturelles.
UM NYOBE est devenu une figure légendaire, non pas parce qu'il cherchait la reconnaissance, mais parce qu'il incarne l’essence d’un combat juste et nécessaire. Il a vécu et est mort pour son peuple. Sa disparition tragique dans la forêt, trahi par ceux qui redoutaient son influence, n’a pas mis fin à son héritage. Sa mémoire hante tous ceux qui refusent d’admettre les vérités de l’histoire coloniale, tous les valets de l’impérialisme français et leurs alliés tapis dans une pseudo-opposition mais aussi beaucoup d’autres qui espèrent surfer sur les crimes pour avoir une place au soleil et inspire toujours ceux qui luttent pour un Cameroun véritablement émancipé.
66 ans après, alors que nous rendons hommage à la vie et au sacrifice du secrétaire général de l’UPC, il est essentiel de se demander ce que nous avons fait de la liberté pour laquelle il a donné sa vie. Avons-nous honoré son rêve d’une nation unie et souveraine ? Avons-nous poursuivi le chemin qu’il a tracé, celui de la justice et de l'égalité pour tous ? participons-nous à bâtir un Cameroun prospère où tous aspirent à un niveau de vie digne ? Avions-nous continué à faire triompher l’UPC comme outil au service des masses ? Autant de questions qui inspirent encore tous ceux qui cherchent à bâtir un Cameroun véritablement libre. Le sang de UM continue de crier à travers le sol de notre patrie, nous rappelant de ne jamais trahir les idéaux pour lesquels il a donné sa vie.
Une reconnaissance tardive, l’espoir d’un peuple brisé
Pendant longtemps, le nom de Ruben UM NYOBE et sa lutte pour l’indépendance ont été délibérément ignorés, dénigrés, et effacés par ceux qui cherchaient à occulter la vérité sur la résistance des Camerounais au colonialisme. Après l’avoir traqué et tué, la France a maintenu un silence complice, refusant de reconnaître sa responsabilité dans cet acte barbare. Le peuple camerounais a vu son histoire falsifiée, et son espoir d’une véritable indépendance détruit par la violence coloniale et l’effacement de ses héros.
Il a fallu des années de combats acharnés pour que la France admette à demi-mot l’existence d’une guerre pour l’indépendance et d’une répression sanglante de l’Union des Populations du Cameroun (UPC) et de ses dirigeants. Cet aveu, bien que tardif, a marqué un moment de vérité historique. Cependant, il ne peut effacer les décennies de douleur et de frustration vécues par le peuple camerounais. L’espoir qu'incarnait Mpodol s’était déjà affaibli pour beaucoup, et avec lui, la vision d'un Cameroun vraiment libre.
Le sang du Mpodol crie toujours depuis la terre de notre patrie. Il nous appelle à ne jamais oublier d'où nous venons, à ne jamais trahir les idéaux pour lesquels il est mort. C'est à nous, aujourd'hui, de porter son flambeau, de continuer à lutter pour une indépendance réelle, pour un Cameroun où chaque vie compte, où chaque voix est entendue.
Il se trouve que, la situation actuelle du Cameroun (que ce soit sur le plan économique, politique ou même la crise anglophone) est directement liée aux conditions dans lesquelles la décolonisation du pays s’est déroulée. L’Union des Populations du Cameroun, dirigée par Ruben UM NYOBE, se battait légalement et pacifiquement pour l’accession du Cameroun à l’indépendance. Après avoir éliminé ce mouvement populaire de la scène politique légal en l’interdisant, en 1955, les autorités françaises ont traqué ses leaders et les ont tous assassinés, les uns après les autres.
Ainsi en assassinant Ruben UM NYOBE, ce n’était pas seulement un homme que la France coloniale cherchait à éliminer, mais aussi un idéal. Un idéal de justice, de liberté, d'autonomie pour un peuple décidé à reprendre son destin en main. Avec sa mort, l’espoir d’un Cameroun véritablement indépendant s’est dissipé. Ce n'était pas un simple coup porté à un individu, mais à tout un peuple qui croyait en un avenir meilleur.
Dans la conscience de nombreux Camerounais de cette époque et dans la conscience des jeunes d’aujourd’hui, l’espoir du Cameroun véritablement émancipé sur les plan économique, financier, politique et prêt à œuvrer dans le sens des intérêts des populations, cet espoir-là, disais-je, s’est évanoui le 13 septembre 1958, lorsque l’armée française a assassiné le Mpodol dans la forêt près de Boumnyébel, alors qu’elle aurait pu l’arrêter si elle avait voulu, car ni lui, ni aucun de ses compagnons n’était armé.
Si les jeunes Camerounais considèrent que le rêve d’une indépendance réelle s’est évanoui avec l’assassinat de ceux qui s’étaient battus pour elle, cela implique que la construction d’une relation saine entre le Cameroun et la France ne peut commencer que par la reconnaissance sincère par la France des crimes dont elle s’est rendue coupable au Cameroun, et notamment dans l’assassinat de UM NYOBE et par des actes concrets visant à réparer les torts causés au Cameroun. Cela n’est pas un sujet tabou, cela ne doit pas être une satisfaction d’un groupe d’individu mais le rétablissement de la dignité d’un peuple.
Il est clair que nos morts ne ressusciteront pas, Ruben ne se lèvera plus jamais du bloc de béton massif dans lequel son corps a été immergé à Eséka, mais il n’y aura pas de réconciliation possible sans la reconnaissance de la vérité historique et l’engagement sincère de veiller à ce que cela ne se reproduise plus jamais. Cette exigence de vérité, c’est la dette que nous, les jeunes Camerounais, avons à l’égard de nos pères qui sont morts pour que nous soyons libres.
Cette vérité, nous la devons à nos ancêtres, à ceux qui se sont battus pour que nous soyons libres. Ruben UM NYOBE, ton esprit vit toujours à travers chaque Camerounais qui aspire à la justice et à la dignité. Ta mort a semé une graine d'espoir et ton sacrifice reste une source inépuisable d’inspiration.
Que ton âme repose en paix, et que ton combat continue de résonner dans le cœur de tous ceux qui luttent pour un Cameroun véritablement souverain.
Nous te saluons, héros immortel de l’indépendance camerounaise.
Gloire et Honneur !!!
Bayemi Ba BATTA militant Politique et des droits des êtres humains
Président du Citoyen Pour la Mémoire du Cameroun (CPMC)