Toute vie est une vie
Hier encore, trois ministres de la République ont fait une sortie médiatique retentissante pour dénoncer avec vigueur des rumeurs malveillantes annonçant le décès du Président Paul Biya. Ce déploiement impressionnant de communication officielle a monopolisé l’attention nationale. On aurait pu croire que des événements de la plus haute importance méritaient une telle mobilisation. Pourtant, ce matin, un tragique accident de circulation a endeuillé de nombreuses familles sur la route de Sangmelima, impliquant la collusion entre un bus de l’agence de voyage Galaxy et un camion, et coûtant la vie à 21 personnes. Silence total de la part de ces mêmes autorités. Aucun message de condoléances, aucune mobilisation ministérielle pour exprimer leur soutien aux familles éprouvées par cette tragédie.
Ce contraste flagrant entre la promptitude des dirigeants à se défendre face à des rumeurs et leur mutisme face à une tragédie humaine d’une telle ampleur est profondément choquant. Ce silence radio, ce manque de compassion pour les victimes et leurs familles, montrent une indifférence qui trahit la déconnexion des dirigeants par rapport à la réalité quotidienne des populations qu’ils sont censés servir.
Chaque vie compte. Qu’il s’agisse du Président de la République ou d’un citoyen anonyme, toute vie mérite attention, respect et considération. Le silence des autorités face à cette tragédie est non seulement déplorable, mais aussi un symptôme d’une gouvernance qui semble prioriser les apparences et les intérêts du pouvoir sur le bien-être réel des populations.
Ce manque de réactivité des ministres face à la mort de 21 Camerounais, des citoyens de ce pays, des hommes, des femmes, et peut-être des enfants, est inacceptable. Les familles endeuillées, les blessés, et l’ensemble de la nation méritent des réponses et un accompagnement digne. Ce silence est un affront à la douleur collective, un refus tacite de reconnaître la valeur de ces vies perdues.
Il est plus que temps que les dirigeants revoient leurs priorités. Que leur voix s’élève aussi pour consoler les cœurs meurtris par les drames quotidiens, et non uniquement pour protéger l’image du pouvoir de leur créateur.
Un autre Kamerun est possible
D'autres choix sont nécessaires
BAYEMI